lundi 21 mars 2011

mères courageuses!

Bonjour,

je fais malheureusement partie de ces mères courageuses qui doivent surmonter des heures et des heures de détresse du fait de cette pathologie "hyperémèse gravidique".
J'attaque cette semaine le pic hormonal du premier trimestre... Ca me fait du bien d'écrire mon anxiété, de poser ma peur sur papier... Car je dois l'avouer j'ai tellement peur de revivre les symptomes cauchemars de mes dernières grossesses.
Notre premier enfant est venu par surprise dans notre vie, j'étais plus jeune, plus insouciante, artiste de cirque, réglée une fois tous les six mois, je pensais même être stérile (pas de contraception efficace pendant quelques années). Bref bien que surprise, ce fût une immense joie d'apprendre ma grossesse. Je l'ai senti dès la première semaine que quelquechose se passait, puis à 2/ 3 semaines, quand je ne pouvais plus rien tolérer de gras... J'en étais certaine!
A 1 mois, j'ai commencé à vomir, j'ai trouvé ça rigolo la première fois (comme dans les films quoi!), presque fière... J'ai très vite déchanté vue la fréquence de mes vomissements et suis allée pleurer chez un gynéco qui m'a dit que fallait en passer par là, c'est tout!
Je suis rentrée choquée et desespérée chez moi, à Paris , 7ème étage sans ascenseur...
Le futur papa ne vivait pas avec moi, il était de Toulouse. Je travaillais à Disney Land Paris dans le spectacle de Tarzan, 5 shows par jour à faire des acrobaties en l'air. J'ai passé un mois horrible, personne ne m'a suggéré de prendre un arrêt maladie... Je vomissais dans les coulisses, entre deux scènes, puis la pause repas était un supplice, puis à 18h30 quand enfin la journée se terminait, j'avais encore 3/4 d'heure de RER + métro, je m'asseyais avec une poche plastique et prévenais mes voisins que je ne pourrai pas me retenir... J'arrivais en pleurant chez moi au bout de mes 7 étages, tentais de me forcer à avaler quelque chose et m'endormais tant bien que mal en tentant de digérer ce quelque chose vers 20h. J'ai perdu 7/8 kilos, beaucoup souffert mais j'ai tenu, puis à 2 mois et demi... C'en était fini! Quel bonheur... Du jour au lendemain. L'accouchement sans péridurale n'a été qu'une simple formalité de quelques 2/3 heures comparé aux heures de nausées! Elle s'appelle Maya

2ème grossesse :
Désirée celle-là, pour donner un petit frère ou petite soeur à Maya... J'ai 29 ans à ce moment là.
Je tombe enceinte rapidement (3 mois d'essais), je vis dans le sud de la france avec le papa de maya... Nous sommes en plein travaux et on m'annonce que je suis enceinte de 1 mois voire 1 mois et demi d'après le taux hcg + écho. Je me dis chouette! Je suis bien partie pour éviter les nausées cette fois-ci... Et, j'espérais quel dicton "chaque grossesse est différente" s'appliquerait à mon cas. 4 Jours après, les vomissements sont apparus sans prévenir et ont été violents! Cette fois-ci hors de question de ne rien faire, je cours chez le généraliste qui me prescrit du primpéran en suppositoires : ça ne change rien.. et ça empire vite, au bout de 5 jours je ne parviens plus qu'à boire un tout petit d'eau sucrée, 3 jours plus tard, je me sens agonisante dans mon lit, ma belle mère est convaincue que j'exagère, j'insiste pour qu'elle m'emmène voire une gyneco. La gyneco me voit et m'envoie de suite aux urgences ; une heure après, je suis enfin sous perfusions, j'avais perdu 10 kg en une semaine!!! Je suis restée 15 jours hospitalisée et suivie par une gentil gyneco qui me soigne au dogmatil. Je ne suis pas franchement convaincue par le médicament car pendant les 15 jours d'hospitalisation, je n'ai pas cessé de vomir, de me tordre de douleur dans mon lit... Bref je ressors de la clinique avec ma prescription de dogmatil et lutte encore 1 mois avec les nausées chez moi. A 3 mois, du jour au lendemain... Plus rien, c'est vraiment génial ce moment là. Iris est née comme sa soeur, vers 11 heures après 2/3 heures de travail et sans péridurale. Petit bébé de 2kg500.... Je ne sais pas si c'est à cause de ces 3 premiers mois...
Je me suis dit : plus jamais ça, plus jamais de grossesse!

3 ème grossesse :
faut jamais dire jamais... quand iris a eu 20 mois, ça m'a retravaillé l'idée d'un petit troisième, j'ai pensé à l'adoption mais mon homme ne voulait pas de cette alternative à la parentalité. Je réfléchis bien pendant 2/3 mois, reporte la pose d'un stérilet, puis me décide : j'en reste à deux enfants et reprends la vie d'artiste! Et bien 15 jours plus tard premières nausées.... j'apprends que je suis enceinte (suite à un rapport à risque où nous n'avons pas utilisé la contraception de suite...)
Je positive et me dis "allez, chouette, c'est bb qui a décidé pour nous" ; je suis heureuse à l'idée d'aggrandir la famille. On l'annonce très rapidement (à 3 semaines de grossesse) ; c'est très mal accueilli par nos proches. Aïe! On me fait comprendre que j'assumerais tout seule l'éducation de ce petit, ma mère pense que je serait à nouveau malade et que je ferai mieux d'avorter...
Bref, ça commence mal. Je tiens un mois à lutter avec mes nausées, mon gyneco qui m'avait suivie pour Iris me represcrit son dogmatil ; mon mari part en tournée pour 1 mois et me laisse seule avec les deux petites... Et là tout dégénère. Je ne vois pas comment faire face... Je me sens abandonnée de tous, je ne parviens plus à m'alimenter, je fais une sorte d'anorexie mentale, je me désydrahte, à 2 mois, je plante les filles de force à ma belle mère et je demande à mon gygy de m'hospitaliser. Il me dit que cela risque de dépasser les 3 mois ; je lui parle d'interrompre la grossesse et il me donne que trois jours pour décider... 3 jours et 3 nuits horribles. Pas de télé dans cette chambre, les vomissements qui s'aggravent au point de vomir du sang, les sages-femmes qui me parlent de cas qui restent 9 mois sous perfusions (mais moi je suis déjà maman, je dois m'occuper de mes deux fillettes!!). Je demande à voir la psy pour y voir plus clair, elle ne viendra jamais... Au bout de trois jours je me décide pour l'ivg par aspiration, anesthésie générale. L'aneshtésiste la veille au soir de l'opération me dit qu'il pose son véto, que l'on ne décide pas d'interrompre une grossesse à cause de vomissements, il me crie dessus ; je le déteste ; croit-il que cela me plaît de sacrifier mon bébé??!!
Le jour de l'IVG, c'est mon gentil gyneco qui vient me chercher, il me demande si je confirme, j'acquiesse et là, il m'avoue qu'il ne m'a pas fait le protocole ordinaire pour me soulager de mes vomissements car il voulait que je reste bien consciente pour ma décision! Mince... peut être que si pendant ces 3 jours j'avais senti une amélioration, je n'en serai pas arrivée à décider ça!
Enfin, trop tard, trop lasse, pas droit à d'autre délai de refléxion... on m'endort, on m'opère...
Je me réveille soulagée de me réveiller puis je fais un coma de plusieurs heures avec une grosse chute de tension qui a beaucoup inquiété le personnel.
Le lendemain, je vais mieux, je retrouve mes petites, c'est le jour de la fête des mères, mon mari est là (en répit entre ces tournées) on va au restaurant, je suis heureuse que le cauchemar soit fini et je mange tout!!!!!!!!!!! Que c'est bon de pouvoir manger!
Mon bonheur n'a duré que 24 heures... Le lendemain j'ai eu une montée de lait et j'ai hurlé comme une louve de ne plus avoir mon bébé! S'en est suivi des mois et des mois de détresse et dépression, de pleurs, d'obsession sur le sujet. J'ai fait des recherches sur le sujet et découvert que j'aurai pu tenté le donormyl + B6... Pourquoi aucun personnel médical ne m'en a parlé??
Je veux absolument adopter, mon mari ne veut toujours pas... Au bout de six mois je décide de remettre ça ; il me faut un troisième enfant, je ne veux vivre avec des regrets! Je suis incapable de faire le deuil... Mon mari accepte quoique inquiet de mon futur premier trimestre.... Et bien il m'a fallu trois ans et demi de déceptions à chaque cycle, des traitements et inséminations, pour décider d'abandonner le projet! Le cycle d'après, je suis enfin tombée enceinte!

4 ème grossesse : j'ai 37 ans et je suis en plein dedans, je prends donormyl et B6, j'ai peur, je passe des journées très difficiles, j'en suis à un mois et 10 jours. Je n'ai même pas encore eu le temps de me réjouir de ma grossesse : les premiers jours j'avais la trouille d'une fausse couche (normal après 3 ans et demi d'infertilité) et maintenant, c'est l'hyperémése qui a pris le relais.
Je suis en arrêt maladie jusqu'au 30 avril prochain (à ma demande) ; mon mari est là, il s'occupe de tout! Le pauvre, ça me fait de la peine d'être aussi inutile... Il est 15h00... je vais bientôt commencé à déguster et serai heureuse d'aller me coucher. Chaque matin je vomis en me réveillant ; pour l'instant donormyl m'aide à garder mes repas. Il m'est très difficile de choisir mes repas, j'aimerai éviter les choses indigestes, avoir un guide sur les choses qui aident... Je tourne entre pâtes, soupes, riz, patates, mais ça commence à me dégoûter aussi... Je m'interdis laitage, crudités et fruits crus pour faciliter la digestion. C'est lassant.
Je mange tous les 2h30, dès que la nausée reprend trop le dessus, mais de toute façon, elle et la fatigue ne me quittent jamais.
J'ai un sentiment d'injustice, pourquoi moi????? pourquoi mes histoires de maternités auront été toutes si compliquées? Mais je suis fière de relever le défit de cette maladie une dernière fois!
Les gens ne comprennent pas que je me porte absente pour des nausées... Ca me mets en rage, moi qui ne suis jamais absente pour rien!! Voilà j'ai vidé mon sac à émtions... Si vous avez des suggestions alimentaires, elles seront les bienvenues...

5 commentaires:

  1. bonjour stephanie
    j ai lu ton histoire
    je suis enceinte de bb4 de 5sa

    pour les 3 filles ou garçon j ai vomis comme toi
    a ne pas supporter un verre d eau

    le donormyl m a bcp aidé pour ma derniere grossesse .
    combien tu en prend j ai lu que la dose max et de 75 mg a voir avec ton doc
    par contre je ne prennais pas vit b6
    les vitamines me donnait mal au coeur
    a tu essayé l eau gazeuse
    tu sais pour mon fils si je n avais pas
    connu le donormyl je n aurais pas tenu le coup avec deux petites a m occupper

    tu devrais demandais a ton doc d augmenter dose et surtout les fractionner
    1 demi mat
    1 demi midi
    1 demi quatres heures
    1 entier soir ou demi
    ce qui te fait 55 mg par jour
    a combien tu en es

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  2. BONJOUR
    JE SUIS ENCEINTE DE 7 MOIS DE MON TROISIEME BEBE UNE PETITE PRINCESSE
    QUI MOI AUSSI ME REND ENCORE MALADE...
    JE TE SOUTIENS ET JE TE DONNE UN PEU DE COURAGE POUR LA FIN
    JE TE COMPREND
    UN PEU D ESPOIR MAIS C EST VRAI ON EST TRES PEU COMPRISE
    C EST UN BEAU MAL

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  3. Bonjour Stéphanie,

    Juste un petit message d'encouragement...
    J'ai 32 ans, je suis enceinte de 8 mois de mon premier bébé et j'ai connu les vomissements gravidiques jusqu'à 6 mois et demi de grossesse. J'ai passé plus de 2 mois sous perfusion à la maternité sans rien pouvoir avaler, dans le noir, sans aucune visite à part mon mari, j'ai vraiment cru devenir folle !!! J'ai perdu énormément de poids, je pesais 40kg pour 1,70m à ma sortie... Evidemment, je suis en arrêt maladie depuis le tout début de ma grossesse et mon entourage ainsi que mes collègues de travail ont été très compréhensifs. Aujourd'hui, j'ai vraiment hâte que bébé arrive, de voir qu'il va bien surtout.
    Je sais que je n'aurais pas d'autres enfants biologiques, je t'admire parce que tu es très courageuse d'avoir recommencé. Pour nous, ce sera l'adoption si on veut d'autres enfants, c'est sûr. Mon mari a tellement eu peur pour moi qu'il ne conçoit pas non plus de remettre ça.

    Nous ne sommes pas beaucoup à vivre une grossesse si difficile... Je n'ai pas eu l'occasion de pouvoir me confier, les psychologues répètent que c'est un problème psychologique, un rejet partiel de la grossesse... Ridicule quand on sait que nous attendons ce bébé avec tellement d'impatience après 3 fausses-couches...

    Je te souhaite beaucoup de courage, restes forte, seules celles qui ont vécu ça peuvent comprendre. Je suis de tout coeur avec toi.

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  4. Ton temoignage est très touchant. Je confirme, on se sent incomprise. "en arrêt maladie, pour des nausées..". Je suis enceinte de 10 semaines de BB2, et ai des nausées depuis 5 semaines, du matin au soir, la nuit également, je vomis (souvent rien) depuis 15 jours. Je suis loin de l'hospitalisation, j'arrive à manger, pâtes, steak haché, les glaces à l'eau me font du bien.
    1 gynecologue (en Afrique) m'a prescrit du "Plitican" pour les nausées, mais sur la notice est écrit "ne pas prendre en cas de grossesse", pareil sur internet, ils disent de ne pas en prendre pendant la grossesse. Etant tellement épuisée et malade, j'en ai pris tout de même un cachet: ça m'a assomé, j'ai dormi tout l'après-midi et au reveil, j'avais le coeur qui battait assez vite.
    Une amie infirmière m'a conseillé "motillium" (primperan, je crois c'est similaire), j'ai testé, mais ça ne me fait rien.
    A bout de nerfs, un medecin, hier m'a prescrit " PROKINYL LP 15mg", je l'ai commandé (ils ne l'ont pas en Afrique, ce serait assez nouveau), je le testerai dans 1 semaine.
    Le medecin m'a dit que ça marchait bien, qu'il y avait des solutions, mais en fait, chaque femme ne reagit pas de la même manière avec tel ou tel medicament, il faut trouver la molecule (médicament) qui nous correspond.
    Une "amie" (qui ne peut plus avoir d'enfants) m'a dit que j'avais de la chance, qu'elle aimerait être à ma place! C'est sûr! Mais quand on est malade, on a du mal à entendre ça.
    (Pour ma première grossesse, je n'avais eu que qqs petites nausées occasionnelles, quelle chance!)
    Courage à toi, et à toutes, et merci pour ton temoignage.

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  5. Bonjour stéphanie,

    Dans ce cas de figure que je reconnais bien, c'est essentiellement le mental qui prend le relais du physique et peu importe l'incompréhension de l'entourage professionnel ou même familial, tant que le conjoint fait preuve d'empathie et donne un coup de main pour les enfants présents. la famille est un capital affectif qui évolue et mûrit doucement et quel bonheur d'être si joliment entouré d'amour à l'âge mûr...c'est ce qui m'aide actuellement à assumer à 37 ans cette 3ème grossesse qui a démarré avec ces symptômes de hg et une perte de 7 kgs dès le 1er mois de grossesse. je peine à lire et à écrire ce commentaire, c'est dire si je me sens concernée. à 11 semaine de grossesse, et deux petites filles de 4 ans et demi et 25 mois à gérer, malgré un papa très présent depuis 2 mois mais qui commence à montrer des signes d'exaspération ( je le comprends, on pourrait croire que j'abuse de sa patience mais il se trompe, car je fais beaucoup d'effort pour surmonter mon état à tous les niveaux ( bon, le truc c'est que suite à des soucis hormonaux, j'accuse un surpoids conséquent et les personnes fortes n'apparaissent pas spontanément comme affaiblies, ça ne saute pas aux yeux!!)
    Ma famille qui connait ma propension aux NVG respecte mon rythme mais personne n'est en situation d'assumer ma vie à ma place, ce qui est normal. Ils sont tous agréables avec moi en tout cas et c'est déjà beaucoup.
    Pour ma 1ère grossesse, j'ai été malade toute la durée de ma grossesse et pour la deuxième jusqu'au début du 3ème trimestre, je sais que je n'y couperai pas, alors je remet à sa place toute personne qui se sente le droit de douter de ma probité ou de me faire la morale, j'assume ce que je sais être une parenthèse incontournable dans mon histoire maternelle et je souffle dès que cela m'est offert.
    Garder le plaisir d'être maman à nouveau est une vraie ressource psychique dans mon cas.
    Je souhaite à toutes maman HG le courage et l'amour d'aller au terme de l'epreuve qui conduit à la rencontre avec ce petit être merveilleux qui va rejoindre sa famille.
    Eska

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